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Articles tirés du quotidien "Le Populaire du Centre" daté du 10 Avril 2004
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Equipe "Circuits et sous-ensembles non-linéaires hautes fréquences"


Accord : La recherche, l'université et l'industrie s'unissent

Un nouveau labo vient d'être créé

Depuis plus de 10 ans, le groupe Thales, le CNRS et l'université de Limoges entretiennent des rapports (étroits de coopération de moyens et de personnel. Un premier laboratoire commun, le Creape (Centre de recherche électro-magnétique sur les antennes à pointage électronique), est né de cette collaboration. Hier, une nouvelle étape importante a été franchie avec la création d'un second laboratoire, appelé "Mitic" (Microwave Intelligence Thales-IRCOM cooperation). L'accord a été signé par les représentants des trois organismes fondateurs dans l'anciennes chapelle Saint-Alexis, à la présidence de l'université.

"Etre plus compétitif"
Le laboratoire regroupe les équipes de recherche du laboratoire privé de Thales situé à Orsay, dans l'Essone, et de l'Ircom (Institut de recherche en communications optiques et micro-ondes) à Limoges et à Brive(*). Ses activités ? La modélisation, la simulation et la caractérisation de nouveaux composants et circuits hyperfréquences, qui jouent un rôle stratégique dans les systèmes de communication civils et militaires, comme les radars. Des outils particulièrement utiles dans les domaines de l'aéronautique et de l'automobile. "Le laboratoire est créé pour une période de quatre ans, précise Didier Floriot, qui sera la premier directeur de "Mitic" durant un an. Il comprend 15 personnes et 5 étudiants en thèse qui travailleront sur trois sites différents : Orsay, Limoges et Brive."

Pour Alain Barthélémy, directeur de l'Ircom, "un tel partenariat industriel est une reconnaissance de la spécifité de notre savoir-faire et un moyen de développement. En rassemblant plusieurs équipes, il permet une meilleure compétitivité face aux concurrents pour répondre aux contrats, aux appels d'offres et aux subventions de recherche au niveau français comme européen". Du coté de Thales, cette coopération répond à une quête permanente de renouvellement technologique, avec l'objectif de dépasser les frontières européennes. Acteur public ou privé, chacun y trouve donc son compte.

Hélène Pommier

(*) L'Ircom est une unité mixte de recherche de l'université de Limoges et du CNRS qui rassemble 80 chercheurs et enseignants-chercheurs.



TROIS QUESTIONS A...

Sébastien Mons
Chercheur au CNRS depuis trois ans, il fait partie d'une équipe de l'IRCOM, laboratoire rattaché à la faculté de sciences.

Après trois mois de bras de fer entre le gouvernement et les chercheurs, François Fillon,  le nouveau ministre de la Recherche, a fini par lâcher du lest.

Propos recueillis par Hélène Pommier

Il y a deux jours, le nouveau ministère a accepté de répondre aux "mesures d'urgences" réclamées par le collectif "Sauvons la recherche". C'est le retour d'un espoir ?
J'ai signé la pétition du collectif, comme des milliers d'autres personnes. Nous sommes contemps de voir que notre mouvement a aboutit. Mais l'accord est encore trop récent. Le nouveau ministre a laché le strict minimum pour débloquer la situation, dont les crédits bloqués en 2002-2003.
1.550 postes ont été annoncés dans les organismes publics de recherche et à l'université, or nous ne savons pas comment ils seront répartis. et les questions de fond sont loin d'être réglées.

Quels problèmes restent à résoudre ?
Il faut savoir qu'au CNRS, dans la branche électronique, il y a 250 candidats pour 4 postes. C'est un véritable goulot d'étranglement. A Limoges, notre équipe, membre de l'Ircom, forme cinq à six personnes chaque année. On peut voir lesquelles feront d'excellents chercheurs. Mais nous n'avons aucun moyen de les garder et de les embaucher. ces jeunes n'ont aucune visibilité sur leur avenir.
De plus, la question du financement de la recherche est toujours omniprésente. Il faut repenser le système. Notre équipe parvient à s'autofinancer grâce à des partenariatsavec l'industrie. Ce sont des contrats passés avec des entreprises, et non des dotations de l'Etat, qui nous permettent d'acheter du  matériel et de fonctionner tout simplement.

D'un coté, il n'y a pas assez de postes. De l'autre, le monde scientifique souffre d'une crise des vocations...
J'ai 34 ans. En tant que chercheur débutant, je gagne à peu près 2.000 euro par mois. Et cela après dix à douze années d'études et de sacrifices. Aujourd'hui, à moins d'être très motivé, cela ne tente pas les jeunes. Pas de débouchés, des salaires peu attractifs : il est facile de comprendre pourquoi les filières scientifiques souffrent d'une réelle désaffection.
Last updated : Nov 21 2004