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TROIS
QUESTIONS A...
Sébastien
Mons
Chercheur au
CNRS depuis trois ans, il fait partie d'une
équipe de l'IRCOM, laboratoire rattaché
à la faculté de sciences.
Après
trois
mois de bras de fer entre le gouvernement et les chercheurs,
François Fillon, le nouveau ministre
de la
Recherche, a fini par lâcher du lest.
Propos
recueillis par Hélène Pommier
Il
y a deux jours, le nouveau ministère a
accepté de
répondre aux "mesures d'urgences" réclamées
par le collectif "Sauvons la recherche". C'est le retour d'un espoir ?
J'ai signé la pétition du collectif, comme des
milliers d'autres personnes. Nous sommes contemps de voir que notre
mouvement a aboutit. Mais l'accord est encore trop
récent. Le nouveau ministre a laché le strict
minimum pour débloquer la
situation, dont les crédits bloqués en 2002-2003.
1.550 postes ont été annoncés dans les
organismes publics de recherche et à
l'université, or nous ne savons pas comment ils seront
répartis. et les questions
de fond sont loin d'être réglées.
Quels
problèmes restent à résoudre ?
Il
faut savoir qu'au CNRS, dans la branche électronique, il
y a 250 candidats pour 4 postes. C'est un véritable goulot
d'étranglement. A Limoges,
notre équipe, membre de l'Ircom, forme cinq à six
personnes chaque année. On peut voir lesquelles feront
d'excellents chercheurs. Mais nous n'avons aucun moyen de les garder et
de les embaucher. ces jeunes n'ont aucune
visibilité sur leur avenir.
De
plus, la question du financement de la recherche est toujours
omniprésente. Il faut repenser le système. Notre
équipe parvient à
s'autofinancer grâce à des partenariatsavec
l'industrie. Ce sont des contrats passés avec des
entreprises, et non des dotations
de l'Etat, qui nous permettent d'acheter du
matériel et de fonctionner tout simplement.
D'un
coté, il n'y a pas assez de postes. De l'autre, le monde
scientifique souffre d'une crise des vocations...
J'ai
34 ans. En tant que chercheur débutant, je gagne
à peu près 2.000 euro par mois. Et cela
après dix à douze années
d'études et de
sacrifices. Aujourd'hui, à moins d'être
très motivé, cela ne tente pas les jeunes. Pas de
débouchés, des salaires peu
attractifs : il est facile de comprendre pourquoi les
filières scientifiques souffrent d'une réelle
désaffection.
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